Interactions avec les orques en Espagne : conduite à tenir et garanties à vérifier
- Victor Cabrera Bellon

- 21 juin
- 8 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours
Dernière révision : 28 juillet 2026
Les dommages survenus lors d’une interaction avec des orques sont-ils couverts par l’assurance bateau ? Il n’existe pas de réponse universelle. Tout dépend des conditions du contrat, des garanties souscrites, de la cause établie, des plafonds, de la franchise et des éventuelles exclusions. L’assurance de responsabilité civile obligatoire n’équivaut pas à une garantie couvrant les dommages subis par son propre bateau. Il est donc essentiel de connaître les recommandations officielles, de déclarer correctement l’événement et d’en conserver les preuves.

La situation des orques en Espagne en 2026
Depuis 2020, les autorités espagnoles recensent des interactions entre des orques et des bateaux dans les eaux atlantiques de la péninsule Ibérique. Bien que les internautes recherchent souvent des informations sur les « attaques d’orques », les sources officielles parlent d’*interaction* ou de *rencontre* et ne qualifient pas, de manière générale, ces épisodes d’attaques.
Le bilan publié le 1er avril 2026 par le ministère espagnol de la Transition écologique et du Défi démographique (MITECO) porte sur les signalements reçus pendant l’été 2025. Ceux-ci font apparaître une baisse globale en Espagne, une légère hausse par rapport à 2024 en Galice et dans la mer Cantabrique, ainsi qu’une diminution sensible dans le golfe de Cadix et le détroit de Gibraltar. Il ne s’agit donc pas d’un décompte définitif pour l’ensemble de l’année 2026.
En 2026, une carte officielle propre à la Galice est venue compléter celle du golfe de Cadix et du détroit de Gibraltar. Les périodes de vigilance renforcée diffèrent également selon les zones :
• Golfe de Cadix et détroit de Gibraltar : d’avril à août.
• Zones délimitées de Galice : de juillet à octobre.
Les cartes et les avis aux navigateurs évoluent en fonction de la situation. Il convient de consulter les pages officielles du MITECO et de Salvamento Marítimo avant de prendre la mer.
Les recommandations actuellement en vigueur
Les recommandations conjointes du MITECO, de la marine marchande espagnole et de Salvamento Marítimo visent à réduire les risques pour les personnes, les bateaux et les cétacés eux-mêmes. Il s’agit de consignes opérationnelles : elles ne constituent ni des garanties d’assurance ni une interdiction générale de naviguer.
Avant de prendre la mer
• Consulter les cartes de risque, les avis aux navigateurs et les communications
officielles.
• Éviter les zones à haut risque délimitées pendant les périodes indiquées.
• Planifier une route aussi proche que possible de la côte, tout en respectant
les limites de sécurité.
• Vérifier la VHF, les équipements d’urgence et les numéros d’assistance prévus
par le contrat d’assurance.
Pendant une interaction
• Ne pas arrêter le bateau. La recommandation officielle en vigueur consiste
à se diriger vers la côte ou vers des eaux moins profondes, si cette manœuvre peut être effectuée en toute sécurité.
• Tenir les personnes éloignées des côtés du bateau et les placer dans des zones
protégées contre les chocs, les mouvements brusques et les chutes.
• Signaler l’observation ou l’interaction au centre de coordination de Salvamento
Marítimo le plus proche par VHF, sur le canal 16 ou sur le canal de travail indiqué.
• Il est interdit d’adopter des comportements ou d’utiliser des moyens
dissuasifs susceptibles de tuer, blesser, déranger ou inquiéter les cétacés. Cette protection découle de la loi espagnole 42/2007 et du décret royal 1727/2007 ; aucun dispositif destiné à les éloigner ne doit être improvisé.
• Prendre des photographies uniquement si cela ne compromet pas la sécurité.
Les images utiles à l’identification peuvent être envoyées à `orcas@sasemar.es`.
Les consignes officielles actuelles diffèrent de certaines instructions obsolètes encore accessibles en ligne, comme celles qui préconisent d’arrêter le bateau ou de lâcher la barre.

L’assurance peut-elle couvrir les dommages liés à une interaction ?
La couverture éventuelle ne peut être évaluée qu’à partir des faits et du contrat applicable. Des expressions telles que « tous risques », « dommages au bateau » ou « assistance en mer » ne recouvrent pas exactement les mêmes garanties dans toutes les polices.
Événement · Garantie à examiner · Points à vérifier
Dommages au gouvernail, à la pale, à l’hélice, à la transmission ou à la coque · Assurance corps ou dommages au bateau · Risques garantis, lien de causalité, état antérieur, franchise, plafonds et exclusions
Perte de manœuvrabilité ou besoin d’assistance · Assistance, remorquage ou frais de sauvetage · Service inclus, plafonds, autorisation, prestataire et traitement contractuel
Dommages corporels ou matériels causés à des tiers · Responsabilité civile · Responsabilité, lien de causalité, tiers lésé, plafonds et exclusions
Voie d’eau ou réparation urgente · Dommages au bateau et frais raisonnables engagés pour éviter ou limiter le dommage · Urgence, mesures prises, déclaration et justificatifs
Assurance corps et dommages au bateau
L’assurance de responsabilité civile obligatoire des bateaux de plaisance couvre certains dommages causés aux tiers, dans les limites de son champ d’application et de ses plafonds. Le décret royal 607/1999 exclut du socle obligatoire les dommages subis par le bateau assuré lui-même.
Pour que des dommages au gouvernail, à l’hélice, à la transmission ou à la coque puissent être examinés, une garantie facultative susceptible de s’appliquer doit avoir été souscrite et ses conditions doivent être vérifiées. Il ne faut pas présumer que l’événement sera automatiquement qualifié de collision, de force majeure ou de tout autre risque déterminé. L’entretien du bateau, les dommages préexistants, la zone de navigation, l’usage déclaré, la franchise et la procédure d’expertise peuvent également entrer en ligne de compte.
Le socle obligatoire espagnol décrit ci-dessus ne constitue pas un résumé du droit applicable dans chaque pays européen. Il faut également vérifier l’immatriculation du bateau, le lieu de navigation, la loi applicable et les conditions de la police.
Assistance, remorquage et sauvetage
Les services et les plafonds varient d’une police à l’autre. Par ailleurs, l’assistance, le remorquage et le sauvetage ne sont pas des notions interchangeables. En cas de danger pour les personnes ou pour la navigation, la priorité est de contacter Salvamento Marítimo en précisant la position du bateau, le nombre de personnes à bord, sa capacité de manœuvre, l’existence éventuelle d’une voie d’eau et l’aide nécessaire.
Lorsque la situation le permet, il est également recommandé de contacter le service d’assistance prévu par le contrat ou le courtier avant d’accepter une prestation privée non urgente. Conservez le rapport d’intervention, l’identification du prestataire, l’itinéraire, les horaires, les conditions acceptées et les factures.
Un remorquage ne constitue pas automatiquement une opération de sauvetage. S’il existe un danger et que l’assistance produit un résultat utile, le régime du sauvetage prévu aux articles 357 et suivants de la loi espagnole sur la navigation maritime peut s’appliquer, notamment en ce qui concerne l’éventuelle réclamation d’une rémunération. Il ne faut donc pas présumer que toute intervention sera gratuite ou intégralement prise en charge par l’assurance.
Responsabilité civile
La responsabilité civile obligatoire n’assure pas les dommages subis par son propre bateau. Si l’interaction entraîne des dommages à un autre bateau, à une installation ou à une personne, il faudra examiner la manœuvre, le lien de causalité, l’éventuelle responsabilité de l’assuré ainsi que les plafonds et les exclusions de la police. La seule présence d’une orque ne suffit pas à établir la responsabilité du chef de bord.

Après l’interaction : déclaration et preuve du dommage
La priorité consiste à assurer la sécurité des personnes et à prendre des mesures raisonnables pour éviter ou limiter tout dommage supplémentaire. Il faut ensuite déclarer le sinistre sans délai à l’assureur ou au courtier et suivre la procédure prévue par la police. À titre de référence générale, l’article 16 de la loi espagnole sur le contrat d’assurance prévoit un délai maximal de sept jours à compter de la connaissance du sinistre, sauf si le contrat accorde un délai plus long. L’article 426 de la loi espagnole sur la navigation maritime prévoit également un délai de sept jours pour les contrats relevant de son régime, et son article 427 impose de prendre des mesures pour éviter ou limiter le dommage. La règle applicable et les conséquences d’une déclaration tardive dépendent de la garantie et du contrat concernés : en pratique, il est donc préférable de déclarer immédiatement l’événement. Il ne faut pas présumer que ces délais espagnols s’appliquent sans modification à une police régie par une autre loi.
Documents à réunir
• Date, heure, position GPS et route suivie.
• Caractéristiques du bateau : type, immatriculation ou NIB, pavillon, longueur
et couleur.
• Vitesse et mode de navigation, au moteur ou à la voile.
• Durée et description factuelle de la rencontre.
• Nombre approximatif d’animaux observés, sans leur prêter d’intention.
• Dommages apparents, éventuelle voie d’eau et capacité de manœuvre.
• Photographies ou vidéos prises sans mettre quiconque en danger.
• Trace de l’appel VHF et référence communiquée par SASEMAR, le cas échéant.
• Récit du chef de bord, de l’équipage et des éventuels témoins.
• Rapports d’assistance, de remorquage, d’inspection, de chantier naval et
d’expertise.
• Devis, factures et pièces remplacées.
• Chronologie des échanges avec les autorités, l’assureur et le courtier.
Dans la mesure où cela est raisonnablement possible, sans compromettre la sécurité ni aggraver les dommages, conservez les pièces endommagées et coordonnez toute réparation définitive avec l’assureur ou l’expert. Si une intervention immédiate est nécessaire pour protéger les personnes ou éviter une aggravation, documentez l’état du bateau avant les travaux, les mesures prises et leur coût.
Vérifier sa police avant de naviguer
Une vérification préventive doit notamment permettre d’identifier :
• les limites géographiques et la zone de navigation déclarée ;
• la formule d’assurance corps ou dommages au bateau ;
• le traitement du gouvernail, des appendices, de l’hélice et des machines ;
• l’assistance en mer, le remorquage et les frais de sauvetage ;
• les franchises et les plafonds ;
• l’usage privé, la location, la régate ou les autres usages déclarés ;
• la procédure et les moyens prévus pour déclarer un sinistre.
Vous pouvez également consulter notre guide sur la différence entre la responsabilité civile obligatoire et les dommages au bateau, notre analyse des conditions et clauses de la police et les informations utiles pour déclarer un sinistre maritime.
Questions fréquentes
Les dommages liés à une interaction sont-ils toujours couverts ?
Pas nécessairement. Il faut examiner le contrat, la cause et l’étendue des dommages, les plafonds, la franchise et les exclusions. Aucune formule d’assurance ne permet de préjuger de l’issue d’une demande d’indemnisation.
La responsabilité civile obligatoire couvre-t-elle les dommages subis par mon bateau ?
Le socle obligatoire régi par le décret royal 607/1999 exclut les dommages subis par le bateau assuré. Une police peut ajouter des garanties facultatives, dont la portée doit être vérifiée dans les conditions particulières et générales.
Dois-je arrêter le moteur si des orques s’approchent ?
La recommandation officielle en vigueur en 2026 est de ne pas arrêter le bateau et de se diriger vers la côte ou vers des eaux moins profondes, à condition que la manœuvre puisse être effectuée en toute sécurité. Il est également conseillé de tenir les personnes éloignées des côtés du bateau.
Qui dois-je prévenir ?
Signalez l’observation ou l’interaction au centre de coordination de Salvamento Marítimo le plus proche par VHF, sur le canal 16 ou sur le canal indiqué. En cas de dommages ou de besoin d’assistance, prévenez également sans délai l’assureur ou le courtier.
Puis-je utiliser des dispositifs pour les éloigner ?
Il est interdit d’employer des moyens susceptibles de tuer, blesser, déranger ou inquiéter les cétacés. Suivez les consignes officielles et n’improvisez ni dispositif ni manœuvre qui augmenterait le risque pour les personnes ou les animaux.
Le remorquage est-il compris dans l’assurance ?
Cela dépend du contrat. Une garantie spécifique, des plafonds, des conditions d’autorisation ou un réseau de prestataires peuvent être prévus. Il ne faut pas non plus confondre un simple remorquage avec une opération de sauvetage.
Le non-respect d’une recommandation officielle annule-t-il automatiquement l’assurance ?
Il est impossible de répondre par une règle générale. Les conséquences dépendront des faits, du lien de causalité, du régime juridique applicable et du contrat. Le respect des recommandations améliore la sécurité, mais ne garantit pas à lui seul la prise en charge du sinistre.
Faites vérifier votre police avant de prendre la mer
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*Informations générales révisées le 28 juillet 2026. Les recommandations et les avis aux navigateurs peuvent évoluer. Consultez toujours les communications officielles en vigueur ainsi que les conditions particulières et générales de votre police. En cas d’urgence dans les eaux espagnoles, contactez Salvamento Marítimo par VHF.*




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